“ 7 mai 2008 : je ne descends pas dans la boîte de jazz, et pour cause : tout est de plein pied ! J'entends un “son”, le temps de la répétition des musiciens, de tout “caler” !, je suis planquée sur la terrasse du Petit Journal Montparnasse, un de mes lieux de prédilection, où le jazz côtoie le rock ou la salsa, où tous les voyages sont permis, où l'atmosphère demeure sempiternellement étonnante d'imprévus ! Je me souviens de Nougaro, d'Eddy Louiss, de Johnny Clegg, et tant d'autres !, de ce melting pot de brassages culturels, de métissages denses, de musiques aussi éclectiques que concordantes ! Alors le 7 mai ? il en fallait de l'inspiration, direz-vous, pour mettre le feu ! au Petit Journal ! Veille d'un week-end à plus que rallonge !, la capitale désertée, le soleil en prime, et... c'est là que la magie opère ! BigMuff ? Je l'avoue : je ne faisais qu'un passage inopiné, voire clandestin : bon sang, quel bonheur j'ai reçu en prime d'avoir osé débarquer, sans mon permis de minuit... et de me surprendre à faire la fermeture. Cendrillon n'a pas égaré sa ballerine ! Et quitte à vous inoculer mon enthousiasme, il n'y a aucun interdit que de commencer par la fin ?, pour revenir au début... C'est comme une histoire d'amour, on ne s'attend pas à ce qui va se passer quand on pousse une porte... C'est ici que BigMuff m'a scotchée sur place et le superlatif n'est pas anodin ! Rythm'n'blues ? J'adore. Soul et funk ? Suite imparable. Inévitable. Sauf que BigMuff, moi, je ne connaissais pas ! Lorsque Stéphane a commencé à jouer avec la complicité, et le mot est faible !, de René Lebhar, oui, oui, vous avez bien lu, pensez Utopia et “Peut-être moi” ! Comment vous décrire cet instant absolument unique, et les minutes qui ont suivies, quand Monsieur Lebhar s'est tranquillement immiscé dans l'univers de BigMuff, avec l'accompagnement admiratif, le partage, car il s'agit bien là de partage, avec Stéphane leader de BigMuff ? Le premier a fermé les yeux, les doigts sur sa guitare, c'était parti ! et le second, avec tant d'humilité qui n'appartient qu'aux grands !, s'est laissé envoûter par le son de René ! Cette connivence, cette improvisation, cette alchimie, elle appartient aux passionnés, et ces deux-là, ils sont la cerise sur le gâteau : on n'attend rien et on reçoit tout... en pleine tête, plein les oreilles ! Alors je me suis surprise à être étonnée une fois de plus, et c'est rare ! parce qu'inattendu !, par autant de talent, en toute simplicité, par autant de fébrilité que de communion ! En regardant un concert de Miles Davis à Munich, il y a peu, j'avais été touchée coulée !, enthousiaste, transportée par l'entente tacite entre le grand Miles et ses musiciens. Cela s'est produit ce 7 mai 2008, cadeau des 10 ans de BigMuff ? Oui, sans l'ombre d'un doute ! Je prends conscience que les musiciens ont ce don d'entrer dans l'univers de l'autre avec une facilité désarmante... à la condition sine qua none que l'envie soit présente. Et je vous le dis : l'envie était dans la liste des présents, ce 7 mai 2008 ! Comme tous ceux qui sont entrés petit à petit au Petit Journal Montparnasse, spectateurs d'un moment complètement béni des dieux de la musique ! Chapeau à René et Stéphane !
Chapeau aussi à la section cuivres, au bassiste, celui que l'on ne voit pas ni n'entend de prime abord sauf pour oreille avertie, sauf qu'un bassiste a traversé mon existence alors je sais de quoi je parle !, et le solo ce soir là m'a laissée sur ma faim ! Chapeau à la batterie, merci pour l'impro ! complètement, diablement transportante !!!, avec la présence aussi de Philippe Leroux, qui ne connaît pas Monsieur Leroux ? Il serait trop long, pour que vous lisiez ces quelques lignes lancées à la volée, de tous les citer, sauf que de l'orgue au piano, en passant par ceux pré-cités, je suis repartie avec du bonheur festif plein les pensées !
Je termine ?, parce que je suis une femme !, avec les femmes ! Morgan ? Belle à damner tous les saints ! L'entente des choeurs ? Aucun blême ! Quant au groove, Carly l'a !!! Elle le possède, elle n'en joue pas, mieux que cela : elle ne pousse pas, elle n'a pas d'effort à faire, elle et le groove, ça le fait... tellement bien que ça fait un ! Point. C'est dit ! Mademoiselle, vous m'avez plus que charmée, parce qu'il faut bien retenir que BigMuff ne se la joue pas ! Et ça se voit ! Ce qu'ils transpirent sur scène, ça ne figure pas dans les pages people et heureusement ! Parce que tout ce groupe possède quelque chose de précieux : LA PASSION qui est la leur !
Entre Aretha et Joe Cocker, The Blues Brothers, James Brown, Sam & Dave, Maceo Parker, Tower of Power !, le rythm'n'blues est plus que représenté, joué et interprété par BigMuff ! Et si vous ne dansez pas, on mettra ça sur le compte de votre timidité tempérée !:)
Je disais quoi au début ? Dites-le moi ? Ah oui, qu'une histoire d'amour, ça commence en poussant une porte, sans savoir ce qu'il y a derrière ? Chut... !!! Le reste, ce que je ne dirai pas, c'est une simple question ? de féminité : il ne faut jamais avouer aimer, paraît-il, avant que l'autre fasse un pas vers vous ! C'est comme dire “je t'aime” : là n'est pas le plus important ni le plus judicieux ! Le plus beau, le plus magique, le plus jubilatoire, c'est clair, en tout cas, à mes yeux, c'est de tendre vers cet “autre”, en l'observant ! Et croyez-moi, le 7 mai 2008, j'ai vu ! le BigMuff... et je suis tombée en amour ! C'est pas de l'intox ! C'est un ressenti émotionnel... qui ne vous regarde pas à compter de cette ligne ! Allez les voir, vous me comprendrez !... ”
Patricia – Editorialiste du Petit Journal Montparnasse